Forum 2012 – « Et vous, quel est votre parcours ? »

« Comment poursuivre une carrière non académique après un doctorat ? »
« Comment basculer d’un poste académique à un poste privé, ou le contraire ? »
« Comment vendre ses compétences aux entreprises ? A qui s’adresser ? »
 

Retrouvez ci-dessous des réponses à ces questions, et bien d’autres, au travers des témoignages de plusieurs de nos intervenants sur la Journée AquiDoc 2012 qui présentent leur parcours professionnel.

Propos recueillis par Evelyne Jardin, webjournaliste spécialiste de l’enseignement supérieur et de la recherche.


Parcours de Cathel Bousquet qui a témoigné pour la table-ronde « Docteurs mais pas chercheurs », Journée AquiDoc, juin 2012

2008 : Doctorat en chimie et en nanotechnologies, Université de Bordeaux

2008-2011 : Animatrice scientifique puis responsable projets, Cap Sciences

Depuis 2012 : Responsable des opérations, fondation Bordeaux Université

EJ : Vous avez décidé de quitter la recherche pour la médiation scientifique ?

CB : Pendant le doctorat, j’imaginais deux options pour l’après thèse : l’une académique et l’autre socio-économique soit dans une PME, soit dans une association en lien avec mon domaine de recherche, la chimie verte, ou avec le développement économique. Des choix personnels m’ont menée en Bretagne, malgré plusieurs propositions de post-docs. Problème : tout mon réseau professionnel était aquitain. En Bretagne, j’avais repéré une entreprise d’extraction végétale axée sur le développement économique mais elle ne pouvait pas me recruter car la situation économique n’était pas très florissante. L’horizon était bouché. Via des contacts de mon ancien laboratoire, j’apprends que CapSciences cherche des animateurs scientifiques pour une exposition sur les nanosciences. Je décide de revenir à Bordeaux et démarre avec un CDD qui devait durer le temps de l’expo mais qui au final s’est prolongé par un CDD de deux ans transformé en proposition de CDI.

EJ : Quelles étaient vos missions ?

CB : Au départ, animer l’exposition en question puis de projets en projets, j’ai découvert l’ingénierie culturelle à travers la mise en place et la coordination d’une première exposition sur une filière et ses métiers puis d’un satellite de Cap Sciences à Mérignac, Côté sciences Air&Espace. Ces projets étaient en lien avec des partenaires et des publics très diversifiés : collectivités et acteurs locaux, associations, entreprises, filières de formation, chercheurs, jeunes, familles, scolaires, … je me suis beaucoup investie et jamais ennuyée !

EJ : Pourquoi partir alors ?

CB : J’avais envie d’évoluer et de me rapprocher du milieu de la recherche. Bernard Alaux, faisant toujours preuve d’une forte humanité, m’a alors indiqué, un peu à contrecœur, qu’un poste était à pourvoir à la fondation Bordeaux université. D’ailleurs, Rodolphe Gouin, le directeur de la fondation, est lui-même titulaire d’un doctorat dans une autre discipline.

EJ : Un mot, pour finir, sur votre engagement associatif ?

CB : Oui, en 2008, avec Marc Chevalier, nous avons été à l’initiative de la fondation d’AquiDoc pour fédérer, dans un esprit collégial, toutes les associations de doctorants dans leurs actions à l’interface avec le monde socio-économique. Nous avons bénéficié d’un fort soutien des universités bordelaises (écoles doctorales, services universitaires, chercheurs, etc.). Cette expérience a été déterminante dans mon parcours professionnel car nous avons réussi à mener des projets concrets en mobilisant le tissu économique local en décrochant notre téléphone et en faisant du porte à porte. Lors de la première édition du forum AquiDoc, les intervenants étaient ravis qu’on ait pensé à les inviter. Les stéréotypes portés sur le monde de l’entreprise et sur celui de l’université jugé comme peu poreux étaient en train de tomber. C’était enthousiasmant ! Le monitorat en entreprise (devenu mission d’expertise) est parti de cette synergie locale entre tous ces acteurs.

L’interview de Cathel Bousquet (PhD) a été réalisée par Evelyne Jardin (PhD), le 28 juin 2012

 


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Parcours de Jean-Paul Hermann, intervenant à la conférence d’ouverture sur « Carrière dans le privé ou dans le public, et pourquoi pas les deux ? », Journée AquiDoc, juin 2012

1964 : ENS Ulm

1974 : doctorat en physique, U Paris Sud

1968/1980 : Maître assistant puis Maître de recherches au CNRS

1977/1978: postdoctoral fellow, IBM USA

1980/2005 : ingénieur R&D Renault, puis formateur et recruteur

EJ : Quel est le premier « turning point » de votre carrière ?

JPH : Mon premier turning point était en 1980 (j’avais 35 ans) quand je me suis rendu compte que mon laboratoire partait à la dérive (il a cessé d’exister 5 ans plus tard). C’est un âge charnière tant sur le plan professionnel que personnel, celui où on se sent encore capable de recommencer quelque chose ; plus tard, on est sur sa lancée et on s’essouffle plus vite. Mon épouse a agi de même, elle a changé d’enseignement mais notre couple n’a jamais été ébranlé, nous avons même eu un 3ème enfant dans la foulée et ça, c’est important : être soutenu moralement et savoir qu’en cas de malheur, on a un support.

J’ai eu d’autres périodes de reconversion, notamment en 1987 quand Renault était près de faire faillite, au moment de l’assassinat de Georges Besse, quand mon service de robotique a été dissous et que je suis passé en développement, avec une période de flottement assez longue. Là comme ailleurs, il faut s’accrocher à la bonne locomotive.

EJ : Qu’est-ce qui facilite le passage du public au privé ?

JPH : Passer du public au privé suppose de rencontrer des personnes de moindre niveau intellectuel ; si l’on n’y prend garde, on attrape la grosse tête et on devient imbuvable, il faut savoir valoriser sans flagorner, pas si facile ! Une méthode : poser des questions et ne prétendre enseigner à quiconque.

EJ : Pensez-vous que les « transfuges » soient bien vus des recruteurs ?

JPH : Je ne crois pas que ce soit un problème en soi. Le problème c’est la mentalité des gens, l’arrogance bien française, notamment celle des “savants”. J’en ai entendu des phrases stupides de la part de Professeurs : “on ne sait même pas pourquoi une bicyclette est stable”, “les gens de Renault n’ont pas compris qu’un véhicule à l’arrêt a une consommation infinie en litres/100 km”, etc… Tu parles !

On en revient à mon leitmotiv : les qualités humaines, encore et toujours…

L’interview de Jean-Paul Hermann (PhD) a été réalisée par Evelyne Jardin (PhD), le 8 juin 2012

 


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Parcours de Lucas Ravaux qui a témoigné pour la table-ronde « Experts en innovation », Journée AquiDoc, juin 2012

2007 : doctorat en Physiologie et Physiopathologie, Université Paris 6

2008-2011 : Consultant Innovation, Alma Consulting Group

décembre 2011 : Chargé d’affaires Innovation, Incubateur Descartes

EJ : Comment quitte-t-on la recherche quand on a fait une thèse ?

LV : Ce cheminement m’a pris quelques années. Pendant mon expérience doctorale, j’étais davantage intéressé par les activités dites supports de la recherche que par la recherche en elle-même. J’ai suivi des formations complémentaires en gestion de projet, communication et création d’entreprise et j’ai passé le DU en génie bio et médical qui, comme son nom ne l’indique pas, est orienté « valorisation de la recherche ». De plus, j’ai participé à des appels d’offre émanant de l’ANR et de la FRM. Enfin, j’étais très investi du côté institutionnel et associatif : dans mon école doctorale, pour Doc’Up et au niveau européen, dans le projet Procomdoc. J’ai aussi été impliqué dans le lancement du premier festival du très court métrage « Les chercheurs font leur cinéma ». Donc, j’avais accumulé des expériences en valorisation de la recherche, parallèlement à mon expérience de formation pour la recherche.

EJ : Comment êtes-vous entré chez Alma Consulting Group ?

LV : Lors de l’édition 2007 du forum Biotechno, j’ai assisté à une présentation de ce cabinet de conseils en financement de l’innovation. Ayant gardé le contact du docteur venu le présenter, le moment de la recherche d’emploi venu, j’ai envoyé une candidature spontanée. Dois-je préciser que j’avais pris la décision de quitter la recherche et que j’ai démarré ma recherche d’emploi six mois avant de soutenir. Suite à mes prospections, j’ai eu la chance de recevoir plusieurs réponses positives (il faut dire que le marché du travail était plus favorable à cette époque) et mon choix s’est porté sur Alma car on me proposait un CDI avec une progression salariale.

EJ : Trois ans plus tard, comment êtes-vous entré à l’incubateur Descartes ?

LV : Après avoir fait le tour du financement de l’innovation et particulièrement du CIR, je souhaitais élargir mes horizons avec l’envie d’inclure dans mes activités un accompagnement plus transversal des projets scientifiques. Etant en veille active, j’ai été contacté par le cabinet Adoc Talent Management pour un poste d’ingénieur d’affaires au sein de l’incubateur Descartes. Les étapes de sélection ont compris tout d’abord une évaluation de l’adéquation de mon profil avec le poste proposé puis plusieurs entretiens avec la direction et le conseil d’administration de l’incubateur.

EJ : Qu’est-ce qui a joué en votre faveur ?

LV : Plusieurs éléments, fruits de tout mon parcours professionnel : mes connaissances des écosystèmes de l’innovation et de la recherche publique, mes capacités d’analyse de sujets scientifiques variés, ma curiosité…

L’interview de Lucas Ravaux (PhD) a été réalisée par Evelyne Jardin (PhD), le 19 juin 2012

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Parcours de Marlène Durand qui a témoigné pour la table-ronde « Docteurs en sciences de la vie », Journée AquiDoc, juin 2012

2001 : doctorat en Neurosciences et pharmacologie, Université de Bordeaux

2002-2006 : Attachée de recherche clinique puis chef de projets, CIC du CHU de Bordeaux

Depuis 2006 : Coordinateur délégué du CIC Innovation technologique, Inserm-CHU de Bordeaux

EJ : Comment bascule-t-on de la recherche fondamentale à l’université, à l’innovation biomédicale dans un hôpital ?

MD : En ayant au préalable noué des contacts ! Avant la soutenance, j’ai commencé à contacter des Professeurs et des chercheurs avec l’objectif de m’orienter vers la recherche clinique car je ne souhaitais pas continuer dans la recherche fondamentale. Six mois après la soutenance, j’ai eu deux propositions d’emploi : l’un à la clinique du sommeil via un clinicien chercheur en neurologie et l’autre au centre d’investigation clinique par un de mes enseignants de DEA. J’ai dû décliner la première car il avait des gardes de nuit et ce n’était pas compatible avec ma vie personnelle (j’etais jeune maman) d’autant que la seconde proposition était très intéressante puisqu’elle m’ouvrait de nouveaux horizons disciplinaires.

EJ : Quel était exactement votre poste ?

MD : J’ai débuté sur un poste d’attaché de recherche clinique correspondant à un niveau bac+3 (technicienne) avec un CDD de six mois. Mon doctorat me donnant une certaine crédibilité dans le milieu médical, j’ai pu faire ma place, convaincre de la plus-value que je pouvais apporter en tant que scientifique et devenir chef de projets au bout de deux ans.

EJ : Et vous avez quitté la précarité quand ?

MD : En octobre 2008 (après six ans et demi de CDD), j’ai signé au CHU de Bordeaux un CDI de droit privé avec un salaire indexé sur la grille des personnels non statutaires. En plus de chapeauter douze personnes, je suis en relation avec les tutelles (Direction de la recherche clinique du CHU, Inserm, université), je réponds aux appels d’offre (ANR par exemple) et je monte des collaborations autour de projets translationnels avec des chercheurs, des cliniciens et des industriels ; j’effectue le suivi des projets qui se déroulent au CIC IT d’un point de vue scientifique, administratifs et financier. Mon équipe s’est rapidement étoffée et j’ai récemment embauché deux autres docteurs pour leur déléguer la gestion et le suivi des projets scientifiques qui sont devenus trop nombreux pour que je les suive tous suffisamment de près.

EJ : Les docteurs recrutent des docteurs ?

MD : Oui, mais ce n’est pas le diplôme qui m’importe. Ce sont leurs compétences et les qualités qu’ils ont développées grâce à la formation par la recherche : autonomie, puissance de travail, adaptabilité, travail en équipe… et pas seulement les techniques maîtrisées à la paillasse. Les docteurs en sciences de la vie ont trop souvent tendance à ne voir que cet aspect de leurs compétences. C’est bien dommage !

L’interview de Marlène Durand (PhD) a été réalisée par la webjournaliste Evelyne Jardin (PhD), le 26 juin 2012


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Parcours de Séverine Coupe qui a témoigné pour la table-ronde « Docteurs en sciences et techniques », Journée AquiDoc, juin 2012

1999-2002 : doctorante

2003 : ATER

2005-2009 : consultante financement de l’innovation, cabinet de conseils

depuis février 2009 : chargée de mission projets R&D, Pôle ASTech

EJ : Que s’est-il passé entre 2003 et 2005 ?

SC : J’ai redéfini mon projet professionnel. Au départ, je souhaitais devenir Maître de conférences mais pendant la dernière année de thèse, je pensais abandonner la recherche. J’ai quand même candidaté et obtenu un poste d’ATER ; cette expérience n’a fait que me conforter dans l’idée que je ne voulais pas continuer dans l’académique. J’avais perdu la « gnaque ». Donc, il me fallait redessiner un nouveau projet professionnel. Inscrite à l’ANPE, ils ont été très contents de cocher, probablement pour la première fois, la case « astrophysicien ». Un conseiller de l’APEC m’a indiqué, entre autres pistes de reconversion possible, qu’il serait temps de me marier pour assurer mon avenir. Bizarrement, ce n’était pas le projet professionnel que j’envisageais !! J’ai été orientée vers l’ANPE jeunes diplômes et j’ai faille me retrouver dans une formation « projet pro », annulée finalement sauf que l’on avait oublié de me prévenir et que je me suis retrouvée avec des quinquas, autrement dit pas très en phase. Toutefois, une piste se confirmait : j’étais attachée au milieu de l’innovation.

Me projetant alors dans le journalisme scientifique, j’ai contacté la revue Ciel&Espace. Ils m’ont gentiment reçu et conseillé de suivre une formation de journaliste. Mais, je n’avais pas envie de reprendre des études ; j’en avais assez des années d’études derrière moi.

Je redessine un nouveau projet pro : piloter un projet européen. Je candidate à une offre d’emploi « Chef de projet européen » trouvée sur le site de l’Association Bernard Grégory (ABG – maintenant Intelli’agence). Réponse négative. Je décide d’aller rencontrer le cabinet de conseils au salon de la Recherche&Innovation pour en savoir plus sur ce qui pêche dans ma candidature. « Pas d’expérience », me disent-ils et ils me conseillent d’aller voir un autre cabinet de conseil qui recrute. Je suis leur conseil et dépose un CV sur le site du cabinet de conseils en financement de l’innovation. Entre temps, j’ai commencé à enseigner en lycée, passé des concours de l’administration dont j’attends la réponse et je me prépare à passer le CAPES, faute de mieux. Le cabinet de conseils m’appelle pour démarrer le processus de recrutement et je suis embauchée. Soulagement après deux années de galère ! Et alors, tout se débloque ! Pendant ma période d’essai, je suis convoquée pour un poste à l’ambassade de France en Irlande et j’apprends que je suis reçue aux écrits du concours DGCCRF. Comme il m’est impossible de prendre un jour et demi de congé pendant ma période d’essai, je laisse tomber les oraux et je reste dans le cabinet de conseils.

EJ : Et en 2009 ?

SC : Quatre ans plus tard, j’ai fait le tour du crédit d’impôt recherche, je souhaite me consacrer entièrement aux projets européens (cette idée ne m’a pas quittée) mais j’essuie un refus de ma hiérarchie car ce n’est « pas une priorité ». Alors, je me mets en veille, j’en parle autour de moi et une amie m’envoie une offre d’emploi trouvée sur le site de l’ABG : le pôle de compétitivité ASTech recrute un chargé de mission. Je postule et rapidement, ma candidature est acceptée. Je ne m’occupe pas de projet européen mais de la R&D au pôle, dont les projets du FUI (Fonds unique interministériel).

 

L’interview de Séverine Coupe (PhD) a été réalisée par Evelyne Jardin (PhD), le 7 juin 2012


Parcours de Jean-Luc Chagnaud, intervenant à la conférence d’ouverture sur « Carrière dans le privé ou dans le public, et pourquoi pas les deux ? », Journée AquiDoc, juin 2012

1990 : doctorat en immunologie et cancérologie, Université Bordeaux Segalen

1990-1994 : direction d’un laboratoire de production d’anticorps monoclonaux

1994-1996 : chercheur pour le CNET France Telecom

1996-2000 : chef de projet plateforme technologique, GIS en génie génétique pour développer des anticorps recombinants

2000-2005 : responsable du laboratoire Nouvelles technologies, Diagast

2005-2009 : chargé d’affaires Santé Pharma, Biotechnologies, service de valorisation, Université Bordeaux 2

Depuis 2009 : responsable Propriété Intellectuelle et Licensing, Aquitaine Valo, Université de Bordeaux en charge de la gestion du portefeuille brevet et management opérationnel du transfert de technologie

EJ : Le mélange privé/public, vous y avez goûté depuis longtemps…

JLC : Oui, mon sujet de thèse portait sur la production d’anticorps pour des petites molécules et j’étais déjà en relation avec des industriels. Ces collaborations se sont poursuivies en postdoctorat. J’ai transféré une technologie d’un laboratoire allemand. Par la suite, après un audit auprès de différents laboratoires bordelais, j’ai lancé une plateforme technologique de conception, criblage et production de protéines recombinantes, sous la forme d’un groupement d’intérêt scientifique (GIS). Je me suis occupé de la mise en place des équipements, de la formation des personnels à cette nouvelle technologie ainsi que de sa promotion commerciale.

EJ : C’est à cette occasion que vous rencontrez les responsables de Diagast ?

JLC : Je les avais contactés car je pensais qu’ils pourraient être intéressés d’utiliser cette nouvelle technologie dans le domaine de l’immuno-hématologie et de la transfusion sanguine. Ce fut tellement le cas qu’ils m’ont engagé comme chef de projet puis responsable de laboratoire. Pendant mes cinq années passées chez Diagast, j’ai introduit de nouvelles technologies et développé un test automate d’analyses.

EJ : Parti dans le Nord de la France, Bordeaux vous a tendu de nouveau la main ?

JLC : L’université de Bordeaux 2 cherchait quelqu’un pour accompagner les chercheurs dans leurs relations partenariales avec les entreprises. Je suis devenu chargé d’affaires pour le service de valorisation. Je travaillais dans une structure publique avec des procédures et des méthodes du privé.

EJ : Vous êtes toujours dans une structure publique ?

JLC : Jusqu’à fin août. Ensuite, nous devenons une SATT (société d’accélération de transfert technologique) avec un changement d’échelle pour notre budget ce qui va nous permettre de gérer un fonds de maturation extrêmement utile pour valoriser les travaux de recherche universitaire notamment en vue de la création de start-up. Dans cette structure, je gère le portefeuille des brevets de l’université de Bordeaux en lien avec le cabinet en propriété intellectuelle qui rédige les dépôts et bien sûr les inventeurs ; j’accompagne les équipes de recherche pour leur transfert technologique.

EJ : Constatez-vous que les jeunes chercheurs sont les plus enclins à se lancer dans la création d’entreprise ?

JLC : A ma connaissance, seulement deux ou trois chercheurs statutaires ont quitté l’université pour créer leur entreprise. Il est plus facile pour les jeunes non encore statutaires de se lancer dans la création d’une entreprise d’autant que les conditions personnelles sont aussi plus favorables.

EJ : On parle beaucoup de transferts technologiques, et pour les sciences humaines ?

JLC : Elodie Duru est chargée d’affaire dans ce domaine et quelques projets sont en cours de transfert. Il y a beaucoup de choses à faire ! Nous invitons d’ailleurs tous les jeunes chercheurs bordelais (Master 2 et doctorants) à venir suivre notre module de formation « Valorisation ».

Contact pour les formations : c.moras@aquitaine-valo.fr

L’interview de Jean-Luc Chagnaud (PhD) a été réalisée par Evelyne Jardin (PhD), le 11 juillet 2012